Si les pays des Nords éprouvent ces dernières années de grandes difficultés dans l’accès à l’eau potable en période de sécheresse, un regard porté aux Suds éclaire sur une situation pourtant déjà bien connue et une dépendance partielle voire quasi-totale à des dispositifs techniques : les usines de dessalement de l’eau de mer. Dans cet entretien avec Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI) et co-auteur avec Élise Cassignol d’un rapport intitulé Géopolitique du dessalement d’eau de mer, Mouvements revient sur l’ampleur du phénomène et les fragilités qui le caractérisent.
Mouvements (M.). Pouvez-vous commencer par présenter brièvement l’IFRI et ses missions, puisque vous êtes le directeur du Centre énergie et climat de l’IFRI et revenir sur le contexte du rapport intitulé Géopolitique du dessalement d’eau de mer ? Pourquoi a-t-il été produit et à quel public est-il destiné ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Je m’occupe du Centre énergie et climat de l’IFRI, une fondation reconnue d’utilité publique basée à Paris, qui a une dizaine de centres de recherche qui portent sur des aires géographiques variées, par exemple les États-Unis ou l’Asie, ou l’Afrique subsaharienne, ou sur des sujets sectoriels comme l’industrie de défense, les technologies, la géofinance ou encore l’énergie et le climat. Et en ma qualité de directeur de centre, j’ai une grande autonomie dans le choix de mes sujets, on essaie de travailler sur des activités économiques qui sont de nature à avoir un impact sur les marchés ou les politiques de l’énergie, des enjeux qui dans l’idéal sont sous-évalués ou pas assez étudiés. Et l’enjeu du dessalement, au fond, n’est évidemment pas nouveau, mais je me suis rendu compte que l’engouement pour se doter d’usines de dessalement est devenu mondial, pas seulement limité au Moyen-Orient. Et en fait, deux sujets nous ont particulièrement intéressé·es : l’approvisionnement énergétique de ces usines et la concurrence entre les différents constructeurs et fournisseurs de technologies. D’où l’idée de cette note qui devait aussi venir alerter avant la COP de Dubaï de 2023, un émirat pionnier du dessalement, sur les enjeux d’une industrie qui ne serait pas assez adossée à des sources d’énergie bas carbone.
M. Vous disiez que ce n’est pas seulement le Moyen-Orient qui est concerné. Mais pouvez-vous rapidement dire un mot de l’importance du secteur du dessalement pour cette région du monde ? Dans le rapport, vous donnez des chiffres sur la part d’eau potable qui dépend du dessalement, qui va jusqu’à 90 % pour le Koweït, par exemple.
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Absolument. On ne se rend pas compte que ces pays se sont dotés des premières usines dans les années 1960, qui ont répondu à l’époque à un besoin de niche. Mais les pays du Moyen-Orient ont progressivement épuisé leurs propres ressources ou sont en train de le faire. Il y a beaucoup d’eau douce potable en Arabie saoudite, par exemple, mais le pays a puisé dans ses ressources. L’activité économique dans cette région s’est beaucoup développée. Aujourd’hui, l’utilisation de l’eau par habitant·e atteint des niveaux records mondiaux. Et ce n’est pas seulement parce qu’il fait chaud, c’est aussi parce que pendant très longtemps, on n’a pas facturé l’eau. C’était un service public gratuit. Limiter le gaspillage, réparer les fuites des canalisations, planter des espèces qui ont besoin de moins d’eau, etc., tout cela, en réalité, pendant longtemps, n’a pas eu lieu. Par ailleurs, on a eu quand même des progrès technologiques dans ces usines de dessalement qui, pour l’expliquer rapidement, sont passées d’une technologie où on fait bouillir l’eau et on la filtre à une technologie de filtre qui améliore beaucoup les procédés. Aujourd’hui, je dirais que le Moyen-Orient est la zone où les capacités de dessalement sont les plus grandes, et elles vont doubler ces dix à quinze prochaines années. On voit apparaître de nouveaux producteurs et de nouveaux utilisateurs qui sont essentiellement autour de la Méditerranée, en Asie du Sud-Est, en Chine, mais aussi en Amérique du Sud, et également en Europe, où l’Espagne s’est équipée d’usines pour ses grandes zones urbaines le long de la Méditerranée.
M. L’accroissement du recours au dessalement, vous le disiez, est lié en partie à la raréfaction des autres sources, celle des eaux de nappe ou des eaux superficielles comme dans le cas du lac Tibériade en Israël. Y-a-t-il vraiment une diminution très nette et sensible des alternatives au dessalement ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Oui, on voit ces phénomènes un peu partout, y compris en Asie centrale, par exemple. La mer d’Aral a quasiment disparu. La mer Caspienne a perdu plusieurs mètres d’eau et continue d’en perdre année après année. Vous avez évidemment un autre problème, c’est que à précipitation égale, on a créé de l’activité agricole qui consomme énormément d’eau en plus. La population, elle, a gagné en qualité de vie donc elle consomme beaucoup plus d’eau. Et pour le cas du Moyen-Orient, ce sont souvent des pays où on n’a jamais recyclé l’eau. L’eau issue de la collecte d’eau usée, celle-là, on ne cherchait pas à la récupérer en partie pour des raisons religieuses. Et puis surtout, à quoi bon ? Puisque de toute façon, on peut en produire davantage. Donc, ce n’était jamais vraiment un sujet. C’est la Jordanie qui a mis un peu les pieds dans le plat en considérant qu’ils n’avaient pas le luxe de se passer de cette ressource. Après aujourd’hui, on a d’excellentes technologies de recyclage des eaux usées, on peut tout à fait les utiliser pour l’arrosage des parcs municipaux, des avenues, et puis évidemment pour l’eau des toilettes ou pour le secteur agricole. Mais le besoin en eau est grandissant. Aujourd’hui, on commence à avoir une attention renforcée sur les pertes en réseau, sur l’optimisation des systèmes d’eau, et puis bien sûr la fourniture d’une énergie bas carbone pour alimenter ces usines. Mais comme on produit toujours plus d’eau, le volume total d’électricité dont on a besoin pour les alimenter augmente.
M. Vous disiez qu’il y avait d’une certaine façon une force pour les pays du Moyen-Orient, c’est qu’il y avait une énorme capacité de dessalement, d’eau à dessaler. Est-ce qu’en miroir, ça ne traduit pas aussi ou ça n’a pas pour conséquence une fragilité des pays qui vont être dépendants et de plus en plus dépendants de ce système-là pour disposer d’eau potable ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Oui, alors en fait, ils en ont conscience et donc ils cherchent par exemple à compléter leur industrie du dessalement par des actions de géoingénierie climatique. Donc typiquement, quand vous avez un nuage chargé d’eau qui passe à un certain endroit, on le fait pleuvoir et avec des conséquences potentiellement très problématiques. C’est-à-dire que vous avez des précipitations très fortes à un moment donné avec un système d’irrigation et d’enlèvement des eaux qui n’est absolument pas adapté. Donc, il n’est pas rare d’avoir des inondations ponctuelles. Ça, c’est la première conséquence. La deuxième conséquence, c’est que, évidemment c’est aléatoire, mais que vous pouvez aussi priver d’autres pays de cette possibilité de capter ces ressources d’eau. Parce que si vous êtes le premier à capter les nuages avant qu’ils ne passent chez vos voisins et que vous les « videz tous », c’est sûr que ça va poser problème pour vos voisins. Cela dit, la bonne nouvelle, c’est qu’il y a quand même énormément de marge de progression dans la gestion des systèmes d’eau que ce soit pour les eaux usées, leur retraitement, le recyclage et la réutilisation, ou concernant la tarification de l’eau pour que la consommation redevienne raisonnable. Et donc, on a vu des signes encourageants. L’Arabie saoudite, par exemple, a commencé à augmenter ses tarifs d’électricité, a commencé à augmenter les tarifs du pétrole pour son marché intérieur, qui était quasiment gratuit. Ça a un impact effectivement limitatif sur la consommation. Mais ça ne peut suffire. La grande nouveauté, c’est qu’énormément de pays dans le monde vont avoir besoin d’usines de dessalement. C’est devenu une priorité un peu partout mais ça peut être une réponse un peu trop facile au sens où derrière, il y a tout un tas d’autres sujets. J’évoquais le sujet agricole. Faire pousser des avocats ou des amandiers un peu partout, est-ce que ça fait vraiment sens ou pas ? Et c’est un exemple parmi d’autres. Et puis, ce qui est essentiel, c’est d’avoir un secteur performant de l’eau sur le côté perte, retraitement, tarification, etc. Et ça, ce n’est souvent pas le cas.
M. Pour rester sur l’exemple des Émirats arabes unis, si je ne dis pas de bêtises, vous dites dans le rapport qu’il y a un enjeu important qui est celui de repenser les volumes de consommation au vu de la dépendance au dessalement. Et vous citez l’exemple, je crois, les Émirats Arabes Unis où ils fixent un objectif de baisse de la consommation d’eau moyenne par habitant de 50 %. Et je me demandais ce que ça veut dire concrètement de baisser la consommation d’eau moyenne dans un État comme celui-là de 50 % ? Quel impact ça a sur les utilisations ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Les Émirats ont une nouvelle ambition, c’est de développer ce qu’ils appellent le secteur de l’agritech. Et de quoi s’agit-il ? Il s’agit de s’inspirer des technologies et solutions israéliennes qui visent à produire tout un tas de produits agricoles sous serre dans des circuits d’eau fermée, donc qui, au fond, poussent à la verticale, et les Israéliens sont très en pointe là-dessus. À la faveur de la ratification des accords d’Abraham, qui prévoient la reconnaissance mutuelle, les relations économiques et commerciales et diplomatiques, les Émirats ont fait venir les principaux acteurs de cette industrie israélienne de l’agritech avec pour mission de développer toute une production qui doit renforcer sa sécurité alimentaire et son autonomie alimentaire, puisque ce sont des pays qui dépendent énormément de l’importation de marchandises par avion-cargo et qui ont une peur nourrie par l’épisode de la pandémie d’être en réalité privés d’approvisionnement du jour au lendemain. En tout cas, au moment de la pandémie, ils se sont rendus compte que si les avions-cargo ne pouvaient plus voler et acheminer la nourriture aux Émirats, vous aviez potentiellement des millions de personnes qui, rapidement, n’avaient plus à manger. Donc c’est quand même des sujets majeurs. Et cette ambition-là est en train d’être mise en œuvre. Financièrement, c’est une priorité, donc il y a les moyens adéquats. L’objectif, c’est de nourrir la population en consommant toujours moins d’eau. Donc ça c’est quand même, je trouve, un des exemples marquants.
M. Et sur l’impact de la technique du dessalement, vous le dites, ça a plusieurs conséquences, notamment toute la gestion des saumures2 et le fait de les reverser dans la mer, avec des quantités qui peuvent être quand même assez colossales. Mais vous expliquez qu’aux saumures viennent s’ajouter le chlore et tous les polluants qui permettent de traiter l’eau. Dans quelle mesure est-ce que dessaler l’eau et rejeter les saumures de la même façon que capter l’eau des nuages, ça n’a pas un impact qui, en bout de course, pose aussi un vrai problème de ressources et de cycle de l’eau ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Les rejets des saumures, c’est un vrai souci, surtout quand vous êtes dans une mer très chaude et fermée comme c’est le cas de la plupart des pays du Golfe. Quand vous rejetez des saumures dans l’Atlantique, comme le fait le Maroc, au large de Casablanca avec tous les courants qu’il y a, c’est évidemment beaucoup moins un problème même s’il reste évidemment la question des produits chimiques résiduels. Mais aujourd’hui, on a des solutions de retraitement de ces eaux-là et de minimisation surtout de ces entrants chimiques. Parce que l’idéal, c’est évidemment d’en mettre le moins possible mais c’est pour éviter des corrosions, c’est pour éviter que les filtres ne se bouchent trop vite donc il n’y a pas non plus forcément trente-six alternatives biologiques. Soit vous faites du dessalement low cost et donc vous êtes énergivore et vous ne filtrez pas grand-chose et votre priorité c’est de sortir des volumes le moins cher possible ou alors vous faites du dessalement forcément un peu plus sophistiqué et un peu plus coûteux mais du coup vous minimisez ses impacts et ses externalités. Au Moyen-Orient, c’est un peu un cas à part mais on va dire que la plupart des autres pays sont quand même maintenant touchés par le phénomène de la rareté de l’eau, aussi dans leur infrastructure énergétique, parce qu’ils n’arrivent plus à opérer les barrages hydroélectriques comme ils le souhaitaient. C’est devenu complètement aléatoire, alors qu’avant, un barrage hydroélectrique, c’était de la production de base, d’électricité bon marché. Aujourd’hui, quand vous êtes au Brésil, en Turquie, en Europe, au Maroc et en Chine, quand vous avez des barrages hydro, vous êtes obligés, en réalité, de constituer des capacités alternatives parce que ces capacités-là peuvent faire défaut et font de plus en plus défaut quand on en a besoin. Généralement, d’ailleurs, ces alternatives reposent sur des centrales à gaz. Donc je dirais que la problématique de l’eau, elle est aussi aiguisée par cela. Et puis on voit déjà de plus en plus d’irrégularités dans les rythmes de précipitation. Donc disons que ça devient central. Et par ailleurs, ça devient un enjeu fondamental de compétitivité industrielle. La plupart des industries bas carbone sont des industries qui consomment de l’eau, une usine de semi-conducteurs, un data center, ça consomme beaucoup d’eau. Et si vous n’avez pas l’eau, vous n’aurez pas ces infrastructures parce que personne ne va investir et prendre ce risque-là. Ces problématiques deviennent absolument centrales pour le meilleur et pour le pire, les gens commencent à être sensibilisés et de fait font attention et réfléchissent aux politiques de l’eau. Tant mieux mais, encore une fois, les processus autour de ça sont compliqués.
M. Pour aborder la question plus proprement géopolitique, dans quelle mesure définiriez-vous le dessalement de l’eau ou l’accès à l’eau potable comme un des déterminants des conflits qui peuvent se dérouler au Moyen-Orient, dans quelle ampleur ça peut jouer sur des effets de souveraineté ? Par exemple, évidemment, sur le cas de la Palestine et d’Israël, est-ce qu’Israël, étant un acteur important du dessalement, joue de cette capacité ? Dans quelle mesure ça reconfigure les rapports d’interdépendance et de pouvoir dans une région comme le Moyen-Orient ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. C’est essentiel et on l’a vu d’ailleurs à Gaza, puisque Gaza est alimentée en eau par notamment des usines situées en Israël. Vous avez là un moyen de coercition décisif sur des populations. Alors ça, c’est pour le côté coercition mais on a eu des accords pour le coup, de coopération positive entre Israël et la Jordanie, par exemple, où la Jordanie déploie des grandes installations photovoltaïques pour exporter de l’électricité vers Israël, qui est un territoire auquel ça ne s’y prête pas forcément. Et puis en échange, Israël s’engage à fournir des volumes d’eau à la Jordanie qui fait face à un défi, c’est de construire une grande usine de dessalement en mer Rouge et de remonter cette eau dessalée vers la capitale Amman à 300 km et de surcroît avec des sacrés dénivelés. Il y a aussi l’exemple de l’Égypte qui est un acteur à la fois majeur de l’industrie du dessalement de l’eau mais aussi un consommateur d’eau dessalée. Et surtout, ce qui est lié, c’est évidemment le sort du Nil avec notamment le barrage éthiopien et la question de la répartition de ces eaux-là. Ce n’est pas pour rien que l’Égypte achète des chasseurs Rafale. C’est aussi une façon de se prémunir contre une arsenalisation de cette dépendance et cette gestion des eaux du Nil. Et puis enfin, dernier point, je pense qu’en réalité, ces infrastructures-là, dans le contexte actuel, sont stratégiques d’un point de vue militaire. Alors on n’a pas encore vu, en tout cas à ma connaissance, que dans le cadre d’un conflit, l’une ou l’autre partie cible volontairement la destruction d’usines de dessalement. Espérons que ça n’arrive pas. Mais malheureusement je pense que ça se produira et effectivement avec des conséquences potentiellement dramatiques. Mais ce qu’il faut voir aussi, c’est que l’un des grands enjeux de l’adaptation au xxie siècle va consister à être en mesure d’apporter dans des zones de crise des capacités mobiles de dessalement. Ça, ça va être essentiel. Et le pays qui sera en mesure de faire ça sera en mesure d’exercer une influence décisive dans des situations de crise.
M. En quoi consistent des capacités mobiles de dessalement ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Par exemple, le cyclone qui a dévasté Mayotte. Typiquement, ça consiste à être en mesure d’acheminer dans une telle zone de crise des moyens de dessalement pour rétablir provisoirement l’approvisionnement en eau de la population. On peut avoir la même chose dans le cadre d’un pays qui serait inondé par des pluies, avec des puits complètement inutilisables et donc la capacité d’amener par barge ou par bateau et de déployer des petites unités mobiles de dessalement le plus rapidement possible et de les mettre en fonctionnement, je pense que ça, ce sera décisif aussi dans le cadre de l’adaptation au changement climatique.
M. Dans le rapport, il est un peu question des États-Unis, de l’Europe de l’Ouest. Qu’est-ce que tout le travail que vous avez fait sur ces régions du monde disent de nous, de l’avenir et de la ressource en eau pour les pays du Nord et de nos vulnérabilités aussi par rapport à ces enjeux-là ?
Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Je dirais que d’abord, il dit de nous, Européens, qu’on a des industries qui sont très demandées quand on regarde Suez, Veolia, l’Espagnol, Acciona, c’est quand même des acteurs de premier plan dont le savoir-faire est reconnu et demandé par de nombreux pays. Donc ça, c’est plutôt une bonne chose, notamment dans le cadre de la sinistrose sur la compétitivité européenne. La deuxième chose, c’est que pour nous, Européens, ces problématiques qu’on considérait pendant longtemps être l’apanage de Pays du Golfe ou de pays en développement du « Sud », cette problématique-là va devenir majeure pour nous aussi et en réalité potentiellement beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit. Et je pense particulièrement au bassin méditerranéen qui se réchauffe, il faut le rappeler, deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Donc le stress sera important mais pas seulement là. On a vu des tensions dans tout un tas d’endroits où on n’aurait jamais pensé qu’il y en aurait. Par exemple, en Scandinavie. Alors, de là à installer des usines de dessalement en Scandinavie, on n’y est pas mais si vous voulez, la problématique de l’eau, maintenant, elle est partout. Et puis, encore une fois, elle nous impacte aussi au niveau des enjeux énergétiques du fait de la variabilité croissante de la disponibilité de l’hydroélectricité. Et peut-être un dernier point, je crois qu’on n’en est qu’au début de la réflexion sur les cultures adaptées face à ces chocs à venir inexorables. Et ça, c’est un vrai débat démocratique à mener avec les différentes parties prenantes, mais qui est compliqué, évidemment, à avoir parce que c’est la productivité agricole qui prime forcément. Il faut varier les espèces, etc. Il y a forcément aussi un sujet sur la préservation de tout un tas d’écosystèmes agricoles. Mais ça, c’est des choses complexes sur lesquelles il faut se pencher parce que tout cela arrive beaucoup plus vite qu’on ne le croit. Et donc la question, c’est de préparer la résilience de demain.

