Retour sur la démission de Xavier Dunezat et tentative de réanimer une réflexion critique sur les moyens de transformer le « désert relationnel » de l’Université en espace vraiment démocratique, de mobilisation, où les orientations feraient enfin l’objet d’une élaboration collective.

Le 17 octobre dernier, Mouvements avait publié la lettre de démission de Xavier Dunezat.

Le 30 septembre 2007, aux alentours de minuit, Xavier Dunezat appuie sur la touche « envoyer » de sa messagerie électronique, éteint son ordinateur et va dormir. Avec cet envoi d’une longue lettre intitulée « Pourquoi démissionner de l’Université », il pense avoir définitivement fermé la parenthèse ouverte le 1er septembre de l’année précédente, date de sa prise de fonction comme maître de conférences en sociologie. Envoyée initialement à des collègues du lycée et de l’Université, à des étudiants et aux abonnés de la liste Effigies, la lettre de Dunezat va se diffuser à la vitesse du Web en dehors de ce premier cercle, et être publiée sur de nombreux blogs, sites de presse, sites de l’éducation et de la recherche. Le 17 octobre Mouvements publie la lettre sur son site avec ce commentaire : « Nous souhaitons donner de l’écho à ce témoignage cru sur la réalité universitaire, qui lève le voile sur ce que l’on ne voit même plus et permet le débat sur la réforme universitaire (…) La loi Pécresse ne résout en effet au-cun des problèmes soulevés par Xavier Dunezat ».

La diffusion de cette lettre et les très nombreuses réactions qu’elle suscite ouvrent une seconde parenthèse, au moment où la mobilisation contre la loi portant réforme de l’Université (dite loi LRU) se cherche et en partie se trouve, parenthèse que l’on pour-ra considérer comme refermée deux mois plus tard lorsqu’au meeting organisé à Paris 8 pour la défense d’une « Université critique », la position de Dunezat est qualifiée de « populiste » et disqualifiée comme telle par une partie des enseignants-chercheurs présents ce jour-là. A Paris 8 même, on pourra entendre d’éminents chercheurs faire l’éloge de la sélection par le mérite. La parenthèse Dunezat se referme à un moment où la bataille contre la LRU est en fait déjà perdue. Dans une tribune du Monde intitulée « Pourquoi nous ne démissionnerons pas de l’Université », plusieurs sociologues, proches des mouvements de mobilisation contre la LRU, ont déjà expliqué que Dunezat se trompait de combat, que le problème était dans les structures, dans le manque de moyens. Reconnaissant tout de même que « les dysfonctionnements existent bien pour partie », les auteurs de la tribune entendent recentrer le débat sur « les moyens supplémentaires pour engager une transformation de progrès de l’Université » et affirment, « parce que cette question exige mieux que des sarcasmes » : « nous ne démissionnerons pas ». Le meeting du 1er décembre confirme cette interprétation : Xavier Dunezat détourne l’attention vers des dysfonctionnements qui sont seulement des effets secondaires et mineurs d’une situation structurelle ; c’est la casse universitaire qu’il faut enrayer, et pour cela ne pas se laisser détourner par des querelles subalternes.

Or les faits ont prouvé que ce discours sur les structures et les moyens n’avait pas les qualités nécessaires pour mobiliser, au-delà des convaincus, ni les étudiants, ni les enseignants, ni les autres personnels de l’Université. Pour une raison à mon avis assez simple : il ne reflète pas l’expérience sociale de ces groupes, la réalité ordinaire des études et du travail à l’Université. Une réalité quotidienne bien plus proche en fait des thèmes et des problèmes que soulève Dunezat. Aujourd’hui on peut dire qu’il nous tendait une perche, et que cette perche est tombée à l’eau.

Reprenons, puisque l’acteur entre les parenthèses ne le fera pas |1|. Xavier Dunezat est enseignant, militant, chercheur. Dans n’importe quel ordre ? Son engagement politique est premier, dans les mouvements féministes, de chômeurs, puis de sans-papiers. Chercheur confirmé par ses publications, il travaille sur les mouvements sociaux, les rapports de pouvoir et plus particulièrement les rapports sociaux de sexe dans les mo-bilisations. Enseignant de sciences économiques et sociales au lycée, il passe sa thèse et se tourne vers l’Université avec l’idée de développer ses recherches dans un cadre plus favorable et plus collectif que celui du lycée. Le 1er septembre 2006 il prend son poste de maître de conférences et le 1er septembre 2007 il retourne au lycée. Cette parenthèse n’est pas la plus importante de sa trajectoire professionnelle et encore moins de sa vie militante, d’où le décalage, l’incompréhension même, avec les positions de ceux dont l’Université est toute la vie.

Pour ce qui est des motifs de cette démission, il faut se reporter à sa lettre. L’expérience immédiate qui enclenche sa réflexion critique et fait émerger la décision de partir, tient en trois points principaux : l’isolement du chercheur, – absence de travail collectif, l’isolement de l’enseignant, – le « désert relationnel », et la situation des étudiants, -sur le côté et pas au centre du système. Dans l’Université, on ne fait pas de recherche, il y a juste des individus qui écrivent des livres, des articles, des rapports, qui vont à des colloques, etc. Ce sont des univers atomisés où errent des individus au regard fuyant, qui ont l’air sans vie, ou qui parlent en toutes petites cliques. Les étudiants n’y sont pas chez eux mais dans un univers étranger où la plupart sont à peine tolérés et un tout petit nombre élus. Les questions pédagogiques, lorsqu’elles sont abordées, sont dévalorisées, ne font pas l’objet d’une élaboration collective. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ?

En même temps qu’il s’effare de tout cela et qu’il mûrit sa décision, Dunezat se fait un premier réseau. Le désert relationnel ne touche pas tout le monde, les yeux vides et le silence ne règnent pas partout. Les étudiants sont présents aussi et à son étage, dans son couloir, une petite effervescence se forme avec quelques collègues. Dunezat réalise alors qu’il ne peut pas démissionner sans rien dire à personne et il commence à prévenir les proches, puis les collègues, espérant une réaction collective, un débat, ne serait-ce qu’une réunion. Mais si son intention affichée provoque le désarroi et la tristesse de ses collègues les plus proches, elle ne suscite chez les autres que le déclenchement de cérémonies de politesse, d’un : « c’est dommage », et n’ouvre aucun débat collectif qui lui aurait permis de ne pas « partir comme ça ». Comment peut-on être assez fou pour quitter une position à laquelle tant d’autres ont voulu accéder, au point de s’en rendre malades, de faire des sacrifices énormes, de forcer leur nature ? Les cérémonies de déploration charrient inévitablement leur lot d’incrédulité et d’incompréhension. Ce que raconte Dunezat est inaudible, non parce que ce serait inexact mais au contraire parce que tout le monde le sait, chacun se sait individuelle-ment et le corps se sait collectivement inconséquent. C’est pourquoi le corps se cramponne sur ses gages de respectabilité : que si les étudiants sont massifiés, ignorés, eux les profs sont des élus. C’est pourquoi ils ne parlent que de ça, de leur élection et de celle des autres, pendant des heures et des heures, jusqu’à l’écoeurement de ceux, parmi leurs proches et leurs relations, qui ne font pas partie de ce tout petit monde.

Si c’est inaudible, il faut l‘écrire. Si l’échange informel ne donne rien, la diffusion d’un texte aura peut-être quelque effet. A tout le moins elle permettra de s’expliquer. Une fois assuré de son retour au lycée, Dunezat se met au travail, définit ses thèmes, choisit ses mots. En pensant à ceux du couloir, aux collègues-copains, à ceux qui essaient de lutter contre la désolation, lui viendra sous la plume l’expression « les gens bien ». Il est assez facile de railler la dimension morale de ce partage entre les gens bien et les autres, qui nécessairement le sont moins, voire pas du tout. Cette catégorie morale des « gens bien » fonctionne pourtant dans de très nombreux espaces sociaux et professionnels où elle engendre des interprétations diverses et nombre de malentendus, que le texte de Dunezat contribue d’ailleurs à lever, dans la mesure où ce qu’il critique peut être lu comme une définition en creux de ce que ça impliquerait, dans l’Université, de faire partie des « gens bien ». Évidemment, les bras en tombent à chacun, et ça fait partie des reproches couramment adressés à l’auteur du texte, d’avoir démissionné au lieu de relever le défi comme le font au jour le jour et à leur mesure « les gens bien ». Cette critique justifie aussi, au-delà des individus, la nécessité de changer les structures, de s’attaquer à la dimension institutionnelle des pathologies individuelles. Mais Dunezat n’a pas manqué de souligner comme d’autres cette nécessité.

Mais la question morale a une dimension politique qui lui est propre. En effet, si on veut l’autogestion de l’Université, on a besoin qu’existe une conscience professionnelle. C’est d’ailleurs inclus dans le sens originaire de l’idée de collégialité. Dunezat s’insurge, par exemple, contre les profs TGV, qui s’acquittent de leurs obligations statutaires en deux jours, voire moins, puis rejoignent la capitale sous prétexte de « faire leur recherche ». Avec cette question de la recherche, on est au cœur d’un système de justifications qui mérite d’être déconstruit. Si les étudiants et leurs études ne peuvent être mis au centre de l’Université, et orienter tout son fonctionnement, nous dit-on, c’est que les enseignants-chercheurs, comme l’indique le titre de leur corps, ont aussi des missions de recherche, d’où le fait que toute l’Université repose sur deux pieds : l’enseignement et la recherche.

Or dans le secteur des lettres et sciences humaines, où le nombre des étudiants est considérable, comparativement aux domaines des sciences et de la médecine, la recherche se fait au détriment de l’enseignement. Et réciproquement ? La réciproque n’est pas vrai car la balance penche systématiquement du côté de la recherche, les enseignants-chercheurs étant évalués principalement sur leurs activités de recherche (publications, contrats, colloques…), ce qui pousse d’ailleurs à une « production » par-fois contestable. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que la recherche joue contre l’enseignement et par conséquent aussi contre la pédagogie. Mettre les étudiants au centre de l’Université supposerait donc une augmentation considérable des moyens. Mais ces moyens, en grande partie, existent déjà, ils sont au Centre National de la Recherche Scientifique, le CNRS. Ici le conflit prend une autre dimension parce que les chercheurs du CNRS, pour des raisons aisément compréhensibles, ne veulent pas être fondus
dans l’Université et défendent avec talent leur statut de « purs chercheurs », même si, là aussi, ce statut les met parfois en situation de « flottaison aiguë », avec des dysfonctionnements qui ne cèdent en rien, même si ce ne sont pas exactement les mêmes, à ceux de l’Université. On pourrait cependant imaginer, avec des moyens accrus, une Université plaçant les étudiants et leurs études au cœur de son organisation et permettant aux enseignants-chercheurs de se consacrer réellement à la recherche, pendant des temps longs, à des moments différents de leur carrière, mais notamment pendant les premières années, là où on est le plus inventif. Et pour quelques uns sur toute la carrière, si cela est nécessaire. Et pour d’autres en fin de carrière, si c’est à ce moment que leur inventivité culmine. Cette mobilité entre enseignement et recherche, chacun le sait, serait au bénéfice de tous.

On sait bien en effet que ce qui est en question aujourd’hui, ce sont les contenus et les formes de la lutte contre la marchandisation de l’Université et de la recherche. Mais les principaux intéressés vont à cette lutte en ordre dispersé. D’un côté les chercheurs, qui défendent le CNRS et les grands organismes de recherche, de l’autre les universitaires, qui défendent avant tout leur droit à faire de la recherche et refusent d’être considérés comme de simples enseignants, d’être « dégradés » dans le contexte d’une Université qui accueille jusqu’à la moitié d’une classe d’âge. En ordre dispersé et droit à l’échec. Au moment où le débat lancé par le geste de Dunezat se développait sur le Web, rien n’était joué mais déjà il apparaissait que les étudiants étaient isolés, avec une faible mobilisation des enseignants et des autres personnels, sauf exception, bien entendu, ici ou là, notamment en Lettres et sciences humaines. Et l’on peut considérer comme très probable que les dysfonctionnements énumérés par Dunezat expliquent en bonne partie cette faible mobilisation. A quoi bon s’échiner à préserver un tel système ? C’est le leitmotiv qui s’exprime à l’époque dans les propos informels des universitaires.

Sans doute le texte de Dunezat souffre de plusieurs handicaps qui ne lui permettent pas de figurer comme un texte de combat. Il ne propose rien. Dans la mesure où il pointe les dysfonctionnements de l’Université, il servira même d’argument à ceux qui défendent la LRU. Le texte est trop long et porte sur de trop nombreux aspects de l’institution pour être repris comme tel par les étudiants. Il s’attarde notamment sur la question des recrutements, des réseaux de relation impliqués dans ces recrutements, du localisme, qui n’apporte rien de nouveau sur un thème déjà largement débattu. Les réactions au texte expriment en conséquence des points de vue très divers et situés, dont on ne peut guère tirer de conclusions. La question du recrutement des enseignants-chercheurs suscite de nombreux messages, soit d’insiders, qui défendent plutôt, arguments à l’appui, les procédures existantes et les pratiques en cours, soit d’outsiders, dénonçant le clientélisme et le localisme dont ils s’affirment victimes. Du côté des étudiants, l’adhésion aux critiques de Dunezat est assez grande, avec des exceptions. Les réactions venant des personnels non-enseignants sont rares. Il y a aussi des réactions de personnes extérieures au milieu, réactions abasourdies, indignées, d’encouragement, etc. Bref rien de structuré, comme si on avait fait une sorte de sondage, en mélangeant les acteurs directement concernés et d’autres qui le sont moins ou pas du tout. La difficulté à faire quelque chose de ces retours est aussi liée au fait que Dunezat, malgré ses précautions, malgré sa volonté de développer une critique de portée générale sur l’Université, parle d’une Université en particulier, et d’une discipline en particulier, si bien que les critiques, involontairement ou volontairement, apparais-sent facilement dirigées vers cette Université et « ad hominem », même lorsqu’elles sont anonymes ou que leur intention est d’élever le débat. C’est pourquoi le webmaster du blog ouvert sur le site de l’Université Paris 8, décide à un moment de le fermer, avant de le rouvrir, après la parution d’un article du Monde pour lequel Dunezat re-fuse à nouveau de s’exprimer à titre individuel. Sous l’impulsion de plusieurs enseignants-chercheurs, il est alors décidé d’inclure les questions posées par Dunezat dans une réflexion plus générale sur l’Université, avec l’idée de pousser la mobilisation contre la LRU. Il s’agit pour Dunezat, qui accepte immédiatement d’y participer, de quitter le blog et le web pour débattre de manière collective et en direct, de s’expliquer, de dissiper aussi les rumeurs qui se propagent et selon lesquelles il serait à la recherche d’un « coup médiatique », il aurait prévu sa démission depuis le début, il voudrait « se faire un nom », il préparerait un livre à scandale, il serait une taupe, un établi à l’envers, le spécialiste de la fausse naïveté, etc.

Ce débat du 1er décembre sur l’Université critique, était-ce un meeting ou un colloque ? Cette indétermination est devenue banale au cours des dernières décennies et elle indique un appauvrissement des luttes sociales. On se réunit pour réfléchir en vue de se battre mais on ne sait pas comment la réflexion débouche sur l’action, on s’imagine que ce passage est « naturel ». Cela montre certainement la faiblesse de nos capacités à enclencher et développer des luttes. Il y a là un amphithéâtre avec 250 per-sonnes, des orateurs qui ont réfléchi sur l’Université et le sens des réformes en cours, qui sont donc capables d’un jugement fondé. Dunezat expose ses idées et il apparaît rencontrer l’expérience sociale des étudiants présents, qui le manifestent par leurs interventions. La parole se libère un peu, on commence à débattre sans précautions oratoires, à sortir de la parole académique. Mais les autres orateurs le renvoient à son populisme. La preuve du populisme de Dunezat serait justement le fait que les étudiants présents l’ont approuvé bruyamment. On croit rêver. Le colloque va t-il tourner au débat, le débat au meeting ? Est-ce qu’il n’y a pas là un conflit sur lequel enclencher l’action ? On devra se contenter d’un combat de chefs, avant que les organisateurs, pour y mettre fin, ne décident de revenir au colloque, de passer à la table-ronde suivante. Les spectateurs (du colloque) sont restés des spectateurs. Il aurait peut-être fallu que le porte-parole de cette expérience sociale se pose en leader d’une action, mais cela aurait immédiatement entraîné une personnalisation. La personnalisation des mobilisations n’est pas nouvelle mais elle prend une acuité particulière dans les mobilisations actuelles et pose de nombreux problèmes que nous ne savons pas résoudre. C’est comme si on voulait faire un Nouveau Parti Anticapitaliste sans facteur.

Cette question est étroitement liée à une autre : comment faire pour que l’apprentissage individuel et même solitaire des compétences intellectuelles, dont l’exercice de la thèse est le modèle, permette un exercice collectif de la lutte ? Une chose est sûre : lutter contre les nouvelles formes de « la misère en milieu étudiant » suppose une remise en cause du rapport au savoir entretenu par les enseignants, qui ont vécu eux aussi cette expérience, subi eux aussi la mise à distance mais ont ensuite fait partie du petit groupe des étudiants élus, et tendent à reproduire ce qu’ils ont subi. Au fur et à mesure que quittent la scène les héritiers des années 70, promus, sinon sans combat, du moins dans d’autres configurations, les nouveaux promus, élus d’une compétition individuelle sans merci, s’installent dans la fonction avec leur expérience des sports de combat. La mobilisation contre la LRU a été portée par les étudiants et peu soutenue par les enseignants, à l’exce
ption des Lettres et sciences humaines, et encore, de manière inégale. Traditionnellement les passions politiques, lorsqu’elles refluaient de la rue, trouvaient refuge à l’Université, mais on peut se demander si cette époque n’est pas révolue. Partout les minorités actives ont été combattues par des méthodes nouvelles. Des scrutins ont été organisés d’en haut en vue de soumettre l’action à la règle majoritaire, comme si une action politique, qui par définition installe une division, un conflit, supposait un consensus préalable sur son opportunité et à défaut pouvait être interdite.

Les élections aux conseils des Universités qui ont eu lieu entre janvier et juin 2008 ont montré que ceux qui soutenaient la LRU, plus les abstentionnistes, pouvaient l’emporter, y compris en Lettres et sciences humaines, l’influence des syndicats, majoritairement opposés à la loi, étant principalement visible dans le personnel non enseignant, lui-même très minoritaire dans les conseils. Si on additionne la misère en milieu étudiant, le choix conservateur ou même autoritaire de nombreux enseignants, et le désir de remise en ordre de nombreux Présidents d’Université grisés par les pouvoirs de dirigeants d’entreprise que leur accorde généreusement la LRU, on réunit les conditions d’un tournant néo-conservateur. Et d’une conflictualité constituée sur des bases tout à fait nouvelles.


|1| Depuis la diffusion de sa lettre de démission, la position de Dunezat est constante. Refus de s’exprimer à titre individuel, de donner des entretiens aux medias, même à Mouvements. Ce qui ne l’empêche pas de discuter et, si nécessaire, de revenir sur cette parenthèse, comme il l’a fait cette fois encore à la demande de Mouvements.