Nous avons appris avec tristesse la mort de l’écrivain Peter May que la revue Mouvements suivait et appréciait depuis longtemps.
Originaire d’Ecosse où il avait été journaliste puis auteur et producteur à la télévision écossaise, il était installé depuis plusieurs années dans le sud de la France. Ecrivain prolifique de romans noirs publiés par les éditions du Rouergue, il était notamment l’auteur d’une série au succès international, consacrée aux Iles Hébrides : L’Ile des chasseurs d’oiseaux (2009), L’homme de Lewis (2011), Le Braconnier du lac perdu (2012) et Loch Noir (2025, Grand prix de littérature policière 2025).
La revue Mouvements à laquelle il était fidèle avait chroniqué trois de ses romans dont les deux premiers de la série des Hébrides (Lire à ce sujet Patricia Osganian, « Humains, trop humains. À propos de L’Île des chasseurs d’oiseaux de Peter May », Mouvements, 2010, et « Citoyens anonymes », Mouvements, 2012) et le tout dernier intitulé « Loch Noir de Peter May : l’élevage des saumons d’Écosse, une malédiction ».
Paru en juin 2026 dans le numéro Troubles dans l’eau (n° 122), il était suivi d’un entretien avec Peter May sur la genèse de son roman, avec en toile de fond la surexploitation des fonds marins vs la protection des écosystèmes. Nous ignorions alors que ce livre aux intonations prémonitoires serait son dernier roman.
Cette incursion de Peter May dans l’univers des désastres climatiques et sanitaires, aux accents postapocalyptiques, avait des précédents puisque deux dystopies avaient précédé Loch Noir : Quarantaine (Rouergue, 2021) juste avant la pandémie de Covid 19 et Tempête sur Kinlochleven (Rouergue, 2024) sur la catastrophe du dérèglement climatique dans une Écosse devenue, en 2051, quasiment polaire.
Loch Noir clôt de façon très sombre, plus actuelle et réaliste, la série des Hébrides en se concentrant sur les conséquences de la pollution des fonds marins et de l’usage des pesticides dans la destruction des espèces. Il y dénonce les ravages de la surpêche, ainsi que la souffrance et la mortalité animale occasionnées par l’élevage intensif des saumons en cage.
Ces exactions, dictées par les surenchères de la logique du profit et de la rentabilité, représentent une terrible menace pour la santé et la survie humaine.
L’entretien que nous avait accordé Peter May autour de la documentation engrangée pour l’écriture de son roman constitue un témoignage aussi passionnant qu’effrayant. Mouvements republie ici l’intégralité de ces textes.

