Docu-fiction paru en 2022, écrit sous pseudonyme, Ressemblances troublantes raconte les différentes étapes d’une affaire de plagiat qui a rencontré un certain écho, ces dernières années, au sein de l’Université française. L’auteure avait été plagiée par un collègue que la justice a condamné, mais qui a poursuivi sa carrière, soutenu par son Université (voir ici l’interview dans The MetaNews qui relate les circonstances dans lesquelles s’est écrit ce récit ou encore là pour un éclairage complémentaire). Céline Jouin livre ici son interprétation du livre et de l’affaire qu’il met en lumière.
Osons une lecture féministe de Ressemblances troublantes, le livre d’Irma Bernard paru en 2022 aux éditions L’Harmattan. Un matériau digne de Voltaire, des noms à la Marivaux : tout est fictif, et pourtant tout est réel dans ce court « roman » publié sous pseudonyme qui raconte la difficulté à faire condamner un plagiat au sein de l’Université française. Que tout soit réel, je le sais : l’affaire qu’il relate avait fait un certain bruit, il y a quelques années, dans notre petit monde académique.
La forme est celle du conte philosophique – tous les noms ont été modifiés. Elle fait un peu d’ombre mais laisse aussi passer la lumière, comme sous un treillis. Installons-nous dans cet espace qu’ouvre pour nous la « fiction » d’Irma Bernard. On y est à l’abri, du moins, suffisamment pour se permettre quelques hypothèses intempestives.
L’intrigue, ou l’affaire
De quoi est-il question dans Ressemblances troublantes ? Irma a quitté son pays d’origine, la Fanfarie, pour aller vivre en Merkanie. Elle a fait de grandes études en Fanfarie, mais son mari est merkanien et elle l’a suivi. Elle enseigne un temps dans une université merkanienne, puis au lycée. Un jour, alors qu’elle décide de remanier son inédit d’habilitation pour le publier (sous le titre : Les torchons et les serviettes. Le linge de maison et ses représentations. Une étude diachronique), Irma découvre qu’elle a été plagiée par Iphicrate, un universitaire fanfarien qui enseigne dans la prestigieuse université du Gai Savoir, à Sapir. Iphicrate a soutenu son habilitation après elle, mais il a fait paraître avant elle son inédit d’habilitation, Tables du Grand Siècle. Autrement dit, elle a été doublée. Fait habituel, dont font l’expérience bien des femmes au cours de leur carrière académique, par exemple à l’âge où elles ont des enfants. Mais pire : elle a été pillée. Fait inhabituel.
Commence alors une aventure pleine de rebondissements, où l’on voit Irma défendre ses droits d’auteur, d’abord en écrivant à des universitaires fanfariens, puis, sur les conseils de son avocate, en mettant Iphicrate en demeure, pensant dans un premier temps se contenter d’une négociation à l’amiable avec lui, dans l’idée qu’il reconnaîtra sans doute les faits et, qui sait ? qu’il s’excusera peut-être. Où l’on voit Iphicrate non pas s’excuser, mais retourner contre Irma ses accusations : car qui est-elle ? comment ose-t-elle ? sait-elle qui il est ? Les universitaires sollicités par Irma la découragent d’intenter quoi que ce soit, ou bien ils ne lui répondent pas, ou bien ils l’accusent, eux aussi, de ne pas comprendre que ce qu’elle appelle « contrefaçon » n’est que la libre circulation des idées.
On comprend en lisant Ressemblances troublantes que c’était elle ou lui : comment publier son livre quand cinquante pages du livre d’Iphicrate sont truffées d’emprunts à son propre travail, sans s’exposer soi-même à l’accusation de plagiat (dans le langage juridique, de « contrefaçon ») ?
Les tentatives de régler le problème à l’amiable ne donnant rien, Irma se tourne vers la justice civile. Elle gagne le procès en première instance. Iphicrate et son éditeur font appel. Elle gagne le procès en appel. Iphicrate se pourvoit en cassation. L’arrêt de cassation déboute Iphicrate.
Je résume à grands traits, car le procès a duré huit ans. Et en réalité, l’affaire est complexe : Iphicrate avait tout de même pris soin de citer parfois Irma. De plus, dans le droit français de la propriété intellectuelle, les idées ne sont pas protégeables, seules les formulations originales le sont. Par conséquent, la reformulation absout. Seules neuf reprises sur la cinquantaine incriminée par Irma ont été reconnues contrefaisantes par les juges lors des procès. Toutefois, les juges ont donné un signal clair en imposant des pénalités financières sévères à Iphicrate. Ils ont montré que la violation était grave à leurs yeux.
Mon but ici n’est pas d’entrer dans les difficultés juridiques que pose l’application du droit d’auteur à la littérature de recherche (ce que fait Les idées libres de droits? de Béatrice Durand [Lefebvre-Dalloz, 2025]). Je souhaite me concentrer sur deux choses : sur la façon dont Iphicrate a répondu à Irma pour sa défense, d’une part, sur la réaction des institutions universitaires, d’autre part.
Les deux réactions sont très instructives. Elles ont la même structure : l’université a protégé Iphicrate en reprenant ses arguments, bien que la justice l’ait condamné. Mais elle n’a pas fait que reprendre ses arguments, elle l’a aussi protégé en prenant en charge une partie de ses frais de justice (à hauteur d’un peu plus de 7000 euros), au titre de la protection fonctionnelle qu’elle lui a accordée en juillet 2016, quelques mois après le jugement en première instance. Or cette prise en charge est étonnante, puisque si la loi prévoit que l’État puisse prendre en charge, dans le cadre de la protection fonctionnelle, les frais de justice d’un fonctionnaire mis en cause dans l’exercice de sa fonction, elle précise que cette aide est conditionnée à l’absence de faute personnelle.
Dans Ressemblances troublantes, Irma se demande si cette prise en charge financière n’a pas permis à Iphicrate de faire durer le procès. Et on se le demande avec elle. À elle, bien qu’elle l’ait gagné, cet interminable procès a coûté cher, car aucune université ne l’a prise sous son aile. Malgré les indemnisations décidées par les juges, 28 000 euros sont restés à sa charge.
Un monde à l’envers
Dans cette histoire, on voit l’Université du Gai Savoir de Sapir produire littéralement une deuxième justice, et s’irriter beaucoup des décisions de la première. Et l’on comprend vite qu’Irma aurait eu à peu près autant de chances de voir son cas jugé impartialement par les instances académiques fanfariennes qu’une victime abusée par un prêtre avait de chances de recevoir un traitement impartial en s’adressant aux représentants de l’Église il y a quelques décennies.
Corporatisme donc. Mais sexisme aussi. Dès la première lettre qu’il envoie à Irma et jusqu’à la fin, les arguments qu’avance Iphicrate pour se défendre réduisent Irma à néant. Le professeur du Gai Savoir insiste continûment sur « la banalité » des travaux d’Irma et sur la supériorité des siens. Il se moque de la liste de ses publications. Il tire la discussion sur le terrain scientifique (pourquoi écrit-elle cela dans son inédit ?), comme si cela changeait leurs droits respectifs. Il la corrige sur tel et tel point : elle n’interprète pas correctement les textes. Elle ne défend pas les bonnes thèses. Elle découpe mal le corpus. Ses gloses à elle n’apportent rien.
Il insiste sur sa propre notoriété et sur « l’échec » de la carrière d’Irma. C’est le cœur de son argumentaire : il n’a rien fait de mal, ce qui a motivé Irma à s’en prendre à lui, c’est « le ressentiment » né de l’« échec » de sa carrière. C’est ce qu’il écrit à un site de lutte contre le plagiat quand celui-ci publie le jugement en appel.
Iphicrate invoque la liberté de penser et la Déclaration des droits de l’homme. En l’accusant, lui, c’est la liberté de la recherche qu’Irma met en danger. C’est l’intertextualité elle-même. Il prétend qu’elle veut se soustraire à l’échange intellectuel. Selon la rumeur qui remonte jusqu’à elle, plusieurs universitaires entonnent le refrain d’Iphicrate : « que leur veut cette petite dame ? ». Iphicrate serait le bouc-émissaire d’une « folle psychorigide », dont la vengeance est tombée sur lui alors qu’il n’est coupable de rien. Ce qu’il a repris de son texte, ne le trouve-t-on pas chez de nombreux spécialistes du même sujet ? Cela fait partie du fonds commun, commun comme la langue elle-même.
Précieuse analyse. Au fil de l’échange d’écritures entre leurs avocates respectives, mais aussi dans un post qu’il publie sur un site de lutte contre le plagiat ou une lettre qu’il adresse au prestigieux journal merkanien de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui s’est lui aussi emparé de l’affaire (lettres qui sont toutes réelles, rappelons-le), Iphicrate rejette Irma en dehors du cercle des auteurs même possibles, même éventuels. Il croit exposer les motifs pour lesquels elle a agi (le « ressentiment »), mais ce sont en fait les clés de son propre état d’esprit qu’il nous livre. Le mobile qui l’a poussé à croire qu’il pouvait prendre à Irma des parties de son travail en toute impunité prend corps sous nos yeux. S’il avait le droit de le faire, la raison est simple : c’est que, bien qu’il l’ait rencontrée une fois lors d’un colloque, Irma n’existe pas.
En effet, géographiquement, Irma est loin. Elle n’habite plus en Fanfarie, mais en Merkanie. En outre, elle ne fait même plus partie de l’Université (merkanienne), qu’elle a quitté pour enseigner au lycée. Elle n’est donc pas véritablement un auteur. Pourquoi se permet-elle de resurgir au milieu de son monde à lui ? N’est-ce pas extravagant ? Comment une personne dont l’existence est si floue et si incertaine peut-elle élever la voix ? Il l’écrit à Ombeline, l’avocate d’Irma : elle aurait dû se sentir honorée qu’il la cite. Car il la cite de temps en temps. Cela ne lui suffit-il pas ?
Certes, un plagiat n’a pas la gravité d’une agression sexuelle. Mais mutatis mutandis, l’argument d’Iphicrate est analogue à celui des auteurs d’agression sexuelle qui rétorquent à leurs victimes que, de toute façon, elles ne sont pas désirables et qu’elles devraient être bien contentes qu’ils aient daigné porter le regard et la main sur elles.
Dans Ressemblances troublantes, la situation dans laquelle se retrouve Irma fait d’ailleurs penser à ce que vivent de nombreuses victimes d’agression sexuelle une fois qu’elles ont osé accuser leurs agresseurs. Irma est encore obligée de se justifier après que la justice a tranché. Elle a souvent honte. Elle se sent coupable. Elle ne peut s’empêcher de donner parfois raison à Iphicrate : elle est une « emmerdeuse ». Les rumeurs qui la qualifient de femme « psychorigide » refusant le jeu de l’échange scientifique la blessent.
Depuis l’espace ombragé et plutôt confortable que nous offre la fiction, corrigeons donc le correcteur. Car Iphicrate crée en quelque sorte un monde à l’envers avec son dénigrement. Comme lui, Irma est normalienne, agrégée, docteure, habilitée à diriger des recherches. Comment croire qu’il a affaire à une nulle ? Dans une lettre, il lui reproche d’avoir écrit certains livres qui ont eu du succès auprès du grand public. Et c’est vrai, elle a parfois été invitée à présenter ses livres à la télévision ou sur France-Culture. L’un deux a même été réédité. Alors que nombre d’universitaires aimeraient bien que certains de leurs livres aient du succès auprès du grand public, pour Iphicrate, cela montre seulement qu’Irma est une « touche à tout ». Au cours d’une réunion de son équipe de recherche, Iphicrate brandit comme un scandale l’article qu’Irma vient de publier dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung sur Les torchons et les serviettes, comme si c’était à charge pour elle.
Ajoutons que l’article de la FAZ contenait un encart sur le procès d’Iphicrate et d’Irma. Iphicrate a envoyé une lettre au journal merkanien pour s’en plaindre : il a trouvé l’encart diffamatoire à son égard. Il a donc rectifié : il est le gardien des bons usages académiques et Irma ne les a pas respectés. En effet, écrit-il au journal, Irma n’a pas publié son habilitation dans le délai imparti par l’université merkanienne (un an après la soutenance). En réalité, c’est une règle qu’il invente, ou plutôt qu’il déforme. En Merkanie, le règlement recommande la publication, sans l’imposer ni prescrire de délai.
La fabrique des mandarins
Dans Ressemblances troublantes, Irma remarque la circularité de l’argumentation d’Iphicrate : le professeur du Gai Savoir se prévaut de sa position institutionnelle pour établir son droit de lui prendre une part de son travail alors que cette position est partiellement issue de cette prise. En effet, les reprises contrefaisantes font partie de l’inédit d’habilitation qui a permis à Iphicrate de devenir professeur, et pas seulement du livre qu’il en a ensuite tiré, Tables du Grand Siècle.
Et l’on peut estimer que c’est en fait au cœur même de la fabrique du mandarinat que Ressemblances troublantes nous permet de jeter un coup d’œil. Et que ce n’est pas tout à fait un hasard si c’est un homme qui a plagié une femme et non l’inverse, et si cet homme a eu l’aplomb de se sentir dans son bon droit et a trouvé une multitude de soutiens au sein de l’Université pour légitimer son acte. Du travail gratuit des épouses dans la famille et la société traditionnelles au vol d’idées de celles qui prétendent être des autrices, n’y a-t-il pas continuité ?
On m’objectera que des femmes aussi plagient, et que toutes les femmes ne se font pas plagier. Ce qui est exact. Mais toutes les femmes ne se font pas agresser sexuellement, et pourtant l’agression sexuelle dit quelque chose du sexisme ordinaire. Canguilhem le disait : le pathologique éclaire le normal comme à la loupe. Ce que cette affaire met en lumière, c’est la difficulté que rencontrent encore de nombreuses femmes, aujourd’hui, à être pleinement reconnues comme des autrices et comme les égales de leurs collègues masculins dans le monde académique.
Qu’on y songe : dans leur grande majorité, les directeurs des collections scientifiques sont des hommes. Par conséquent, comme les actrices qui doivent être choisies par un metteur en scène pour pouvoir jouer, les femmes universitaires, la plupart du temps, doivent être choisies par un homme quand elles veulent publier leurs livres.
Iphicrate d’ailleurs est lui-même devenu directeur de collection chez l’éditeur qui avait publié son livre, Tables du Grand Siècle, et qui avait été condamné en même temps que lui dans l’affaire du plagiat d’Irma. Iphicrate a obtenu cette position après avoir été condamné dans l’affaire du plagiat d’Irma. Plagier n’empêche pas de faire carrière en Fanfarie.
Les deux justices
Je l’ai dit, Ressemblances troublantes le relate : l’Université fanfarienne a pris le parti d’Iphicrate dans cette histoire. De quelle façon ? Énumérons quelques faits. Le livre d’Irma Bernard en est plein.
Le professeur fanfarien à qui Irma a demandé conseil au début de l’aventure, celui qui, dans un premier temps, l’a découragée d’agir en justice tout en reconnaissant qu’Iphicrate l’avait vraiment lue de très près, finit par soutenir Iphicrate. Après le jugement en appel en sa faveur, Irma écrit au directeur de son ancienne école, l’ENS de Sapir, pour l’informer, à un moment où Iphicrate donnait à l’ENS un séminaire nourri des Torchons et des serviettes. Elle ne reçoit aucune réponse.
C’est qu’Iphicrate a formé autour de lui un cercle compact de soutiens. En 2016, il lance une pétition pour défendre la liberté de la recherche qu’Irma menace prétendument en défendant ses droits d’auteur.
Cette pétition lancée par Iphicrate est un peu comme une matière magique, ou toxique. Elle circule loin. Elle dure longtemps. En 2018, elle arrive même dans l’université merkanienne où Irma a enseigné par le passé et où l’une de ses amies déclenche l’ire du professeur qui la diffuse quand elle refuse de la signer. En effet, il est dangereux de refuser de la signer. Il est même dangereux d’essayer d’en connaître le contenu quand on pense qu’on préfèrera probablement ne pas la signer. Mieux vaut s’en tenir éloigné. Car une fois qu’un collègue nous l’a présentée, cette pétition doit être signée. Cela fait partie de ses mystérieuses propriétés.
Il faut également mentionner le délégué à l’intégrité scientifique de l’Université du Gai Savoir de Sapir dans cette histoire. Dans le rapport que lui commande le Président de l’Université de Sapir, qui sera envoyé à Irma, le délégué à l’intégrité scientifique prend parti pour Iphicrate. Il y parle plusieurs fois du « sentiment » qu’a Irma d’avoir été pillée. Il conclut son rapport en disant que ce « sentiment » ne semble pas « fondé ». Pourtant, les juges n’ont-ils pas donné raison à Irma ? Si, mais ce n’est qu’une façon de voir : les deux décisions rendues par les juges (le rapport, daté de janvier 2019, a été rédigé entre le jugement en appel et le rejet du pourvoi d’Iphicrate par la Cour de cassation) sont mal adaptées au monde académique, estime le délégué à l’intégrité scientifique.
Dans le rapport original (que j’ai pu consulter), le délégué à l’intégrité scientifique écrit que « le juge n’a pas vraiment les moyens d’établir de façon indiscutable le vol d’idées ». Il écrit qu’il choisit de ne pas « faire primer, par principe, les décisions de justice sur les débats internes au monde académique ». Il préfère « reconnaître l’existence d’un domaine de discussion qui est régi d’une part par le droit et d’autre part par les usages académiques ». Il veut dire, semble-il, que l’université n’est pas entièrement régie par la loi, qu’elle a son propre domaine de règles relativement autonomes qui sont seulement coordonnées à la loi. L’un des motifs qu’il donne pour justifier son choix de ne pas « faire primer, par principe, les décisions de justice sur les débats internes au monde académique » est « l’avis de représentants importants de la communauté académique concernée, dont le président de la Société d’Histoire Littéraire de la France ». On se croyait dans un conte voltairien, mais on est aussi chez Molière.
Au téléphone, le délégué à l’intégrité scientifique de l’Université explique à Ombeline, l’avocate d’Irma, que « le fait que le judiciaire ait eu lieu avant l’universitaire a fortement déplu » au sein du Gai Savoir. Il rappelle à Ombeline qu’Iphicrate est un chercheur reconnu et qu’Irma n’a pas sa notoriété. Il lui demande son avis sur « la qualité respective des travaux d’Irma et d’Iphicrate » et lui dit que c’est « décisif, selon beaucoup de collègues, pour apprécier la gravité du plagiat ».
Rappelons, enfin, qu’une partie des frais de justice d’Iphicrate a été prise en charge par l’Université du Gai Savoir au titre de la protection fonctionnelle (certains de ses frais de justice et de ses frais d’expertise ont été pris en charge, il existe deux arrêtés à ce sujet). Ajoutons que sa condamnation n’a pas empêché Iphicrate de faire carrière. En effet, après les procès, Iphicrate a obtenu un congé recherche de deux ans au CNRS, ce dont rêvent beaucoup de collègues, et il est récemment devenu le président de l’une des sociétés savantes de son champ.
Qu’elle est gaie cette Université du Gai Savoir !
Qu’elle ne se sente que partiellement soumise à la loi, qu’importe ? N’est-elle pas un monde à part, compliqué à comprendre pour le quidam comme pour le juge ? Selon les juges, il y a certes eu contrefaçon. Mais en réalité, comme l’écrit le délégué à l’intégrité scientifique de l’Université d’Iphicrate dans son rapport, « il est nécessaire d’être soi-même membre de la communauté académique considérée » pour pouvoir en juger. Et selon les usages académiques, il n’y a pas eu de plagiat, il n’y a eu qu’une « prise de note lacunaire pendant la lecture ».
Université française, encore un petit effort pour te moderniser !

