En complément au dossier « Que faire pour l’Université ? » du numéro 55/56 de septembre 2008, nous avons adressé une série de questions à plusieurs organisations syndicales universitaires et dans la recherche, ainsi qu’à Sauvons La Recherche (SLR) et à Sauvons l’Université (SLU). Nous publions ici les premières réponses croisées du SNTRS-CGT -représenté par sa Secrétaire Générale Annick Kieffer- et de SLU (Sauvons l’Université).

Mouvements : Comment repenser les pouvoirs à l’université ? La LRU organise un recentrage sur les présidents et remet en cause la distribution classique des rôles entre commissions de spécialistes, CA et autres instances élues… Ce qui a été refusé par tous les syndicats. Pour autant, le système actuel se caractérise déjà par l’existence de bureaucraties locales, de mini-féodalités sectorielles, ou disciplinaires qui participent de son épuisement, pour ne pas dire de sa sclérose. Quelle autre structure de fonctionnement est possible ?

SLU : Il n’y avait pas forcément à imposer de l’extérieur une réforme structurelle pour corriger ce qui n’allait pas. La loi LRU affaiblit avant tout les conseils centraux (conseil scientifique et CEVU). Or, l’illusion consiste à croire que ce sont les « structures de fonctionnement » qui font la démocratie alors que toute institution est susceptible d’être détournée de son fonctionnement démocratique. En revanche, la concentration des pouvoirs, promue par la loi LRU, est anti-démocratique par définition. Une alternative possible consisterait à développer, au lieu de les réduire, les instances collégiales de consultation et de décision, et à assurer la circulation de l’information, celle des charges au sein du personnel universitaire, ainsi que la reddition de comptes de la part des élus aux conseils centraux. Pour les comités de sélection, dont même le rapport Schwartz reconnaît que la composition « |…| ne paraît pas répondre à elle seule à cette question |celle du localisme| », une solution serait d’introduire le principe du tirage au sort au niveau national, sur la base des sections du CNU.

Mouvements : Quelle évaluation des activités ? Les dernières années ont vu une série de reformes majeures avec la création de l’ANR et de l’AERES dont un des effets est la multiplication et la généralisation d’une culture de l’évaluation quantitative dont les outils sont issus du « new public management » (audits, indicateurs chiffres, financement par projets…) ; l’ensemble participe d’un ethos néo-liberal de la responsabilité et de la performance mais la seule réponse est-elle de défendre l’autonomie de la profession et l’auto-gouvernement académique ou faut-il développer d’autres outils ou formes d’évaluation ?

SNTRS : L’évaluation par les pairs tend à être remplacée par l’évaluation externe, laquelle, jointe à la volonté d’harmoniser au travers de critères uniformes, ne peut que favoriser les critères quantitatifs. L’évaluation par les pairs est fondamentale pour garantir la qualité de la recherche, admettre, voire favoriser l’hétérogénéité des pratiques et tenir compte de la dimension « humaine » de la production scientifique. Le système du Comité National du CNRS, composé en majorité d’élus, avec ses défauts et ses limites, a fait preuve de cette capacité à évaluer les scientifiques, leur production et l’entité dans laquelle ils oeuvrent. Il combine en effet des élus et des nommés, des chercheurs de l’établissement, des enseignants-chercheurs et des professionnels de la même discipline qui relèvent d’autres sphères de production scientifique (y compris les entreprises ou d’autres secteurs publics). Ce système aurait pu être amélioré, notamment en évaluant les conditions de la production scientifique, c’est-à-dire l’ensemble des collectifs de travail, leurs instruments, leurs équipements. Cela supposerait d’ouvrir les instances d’évaluation aux ingénieurs et aux techniciens et d’intégrer leur évaluation, collective, à celle des chercheurs et enseignants-chercheurs. Quant aux modes de financement, ils doivent garantir un financement de base qui permet de mener des recherches de long terme à l’initiative des chercheurs (sous condition d’évaluation régulière). Pour favoriser des structurations nouvelles, impulser de nouvelles orientations de recherche jugées insuffisantes, répondre à des questions posées par l’Etat, des entreprises des questions sociales, des solutions ont fait leur preuve qui permettent des échanges, des collaborations autour d’un même objet.

SLU : Il faut distinguer deux choses : l’évaluation des équipes de recherche et l’évaluation individuelle. Les deux ont toujours existé (avec des conséquences claires : disparition d’équipes, réduction de budgets, etc. pour la première ; les promotions, pour la seconde). Quel est le but de l’évaluation ? S’agit-il de justifier et d’imposer les modalités d’une « réforme » à travers des critères et des chiffres tronqués ou de comprendre ce qui définit un travail, d’affiner la connaissance des difficultés et des réussites ? Le fait que les instances d’évaluation soient actuellement toutes nommées, qu’aucun débat n’ait eu lieu concernant leurs fins et leurs moyens en dit long sur leur instrumentalisation par le politique ; tout comme le fait que le rapport Schwartz, à chaque fois qu’il évoque l’évaluation, renvoie à l’AERES. La désignation des membres de l’AERES repose d’ailleurs sur une idée de l’indépendance qui ne s’entend que par rapport aux syndicats. Il est donc urgent d’y introduire des principes de fonctionnement paritaires et d’affirmer que, dans le domaine de l’évaluation, l’application de critères purement quantitatifs équivaudrait à réduire à néant l’acte de jugement, puisqu’il suffit d’appliquer des règles. Seule fait sens l’évaluation par les pairs membres de la communauté scientifique. Si l’évaluation des équipes soulève peu d’opposition, l’intérêt de l’évaluation individuelle est nettement plus problématique. Elle permettrait de valoriser l’ensemble des activités d’un individu, nous dit-on. Mais est-il certain que, dans le cadre d’un projet de recherche ou d’un projet pédagogique, l’échelle individuelle soit la plus pertinente ? Peut-on l’envisager en faisant fi des conditions de travail et d’encadrement ? Les principes d’évaluation promus aujourd’hui vont, à l’inverse, dans le sens d’une individualisation croissante : le contrat individuel à 4 ans, préconisé par le rapport Schwartz, semble contraire à toute réflexion globale au sein de l’université et de la recherche.
Une manière d’assurer que les obligations de service soient respectées est de renforcer la cohésion des équipes pédagogiques. Il serait normal que les EC d’un même département définissent ensemble ce qu’ils exigent des étudiants et les moyens qu’ils se donnent pour ce faire. Pour sa part, la commission Schwartz propose de mettre à temps partiel d’autorité celui qui ne remplit pas ses obligations et non pas d’accroître sa charge ! Obscure conscience que le volume global d’heures d’enseignement n’augmentera pas ?

Mouvements : Comment articuler enseignement et recherche ? C’est la tarte à la crème des discussions sur le système français depuis 50 ans mais la perspective de l’unification des organismes et des statuts est devenue une réalité.
Le rapport d’Aubert constitue une étape de plus dans un processus de fusion qui se profile avec netteté. Elle a toujours été refusée par les syndicats de chercheurs au nom de la difficulté à faire de la bonne recherche avec beaucoup d’enseignement et à cause de la pauvreté des moyens de l’université. Que faut-il en penser maintenant que les moyens sont de moins en moins dans les EPST, que la reconnaissance de la division de fait entre université éducative (et de masse) et université centrée sur l’innovation pousse a la mise en place d’une dizaine de pôles d’élite intégrant fortement enseignement et un certain type de recherche (biotech, économie, NTIC…) , faut-il proposer un autre modèle d’unification ? Y compris en termes de statuts ?

SNTRS : Le SNTRS-CGT ne se situe ni dans une perspective de diminution des moyens des organismes (qui n’est pas encore effective), ni de disparition du statut de chercheur à temps plein, ni enfin, de disparités entre petites et grandes universités. Pour améliorer cette relation, deux mesures nous semblent devoir être prises. D’une part, la réduction de la charge d’enseignement des MCF permettrait d’assurer une meilleure prise en charge des étudiants et de se consacrer à leurs travaux de recherche. Cela appelle une programmation pluriannuelle de création d’emplois. De l’autre, il faut améliorer la mobilité entre les fonctions de chercheurs à temps plein et celles d’enseignants-chercheurs. Les statuts ne sont pas encore unifiés ; doivent-ils l’être ? Nous ne le pensons pas. Cependant, les enseignants-chercheurs doivent pouvoir bénéficier de temps de décharges complètes à plusieurs reprises au cours de leur carrière.

SLU : L’articulation enseignement/recherche est une chose et celle des structures auxquelles on confie la recherche et l’enseignement une autre. Penser qu’en vidant le CNRS de sa substance, les universités auront plus de moyens est une grave erreur. Dans la réforme actuelle, les mesures contradictoires sont foison. Le financement de l’ANR est opéré par une réduction des crédits pérennes de fonctionnement, alors qu’il devrait s’y ajouter : on ne donne pas plus d’argent, on saucissonne les moyens. Autre problème : la contradiction entre une logique concurrentielle (promouvoir les meilleures universités ou PRES) et la volonté de développer la logique de réseaux, nécessairement multi-sites.
Première question : est-il justifié de maintenir un statut de chercheur ? Assurément, si l’on veut maintenir un certain nombre de disciplines qui n’ont pas leur place à l’université et l’auront de moins en moins. Le métier de chercheur à part entière permet des formes de transdisciplinarité impossibles à l’université. De plus, l’enseignement ne saurait être la seule justification de la recherche. Supprimer les postes de chercheurs c’est rétrécir le champ de la recherche. Seconde question : comment améliorer la recherche à l’université ? D’abord, en réduisant les obligations de service des EC. Pour diminuer leurs tâches administratives, croissantes, il faudrait relancer le recrutement de Biatoss. Il est certes positif qu’une part de l’administratif soit assumée par les EC, mais il faut créer des postes, et non multiplier les primes et les heures complémentaires qui ne rendront jamais extensible le temps dévolu à la recherche. Mais il est également nécessaire de prendre des mesures incitatives. La priorité doit aller à la mobilité internationale et à la multiplication des congés de recherche, demandée par la commission Schwartz, mais ils demeureront difficiles à dégager si personne n’assume le service de ceux qui en bénéficient. On peut penser à favoriser les échanges de postes temporaires avec les chercheurs du CNRS.
Troisième question : la réforme LMD a rendu plus difficile a pérennité du lien entre enseignement et recherche dans les trois premières années d’université, si ce n’est les cinq. Le système des « crédits », la semestrialisation, qui rend impossible en sciences humaines et sociales toute imprégnation véritable et toute lecture approfondie, encourage la seule acquisition de savoirs au détriment d’une véritable réflexion sur la connaissance et la dimension critique qu’il comprend. La réforme des masters impliquée par celle des concours de recrutement va dans le même sens, en encourageant la disparition à court terme des masters recherche. Cette évolution n’est pas la conséquence malheureuse de transformations mal pensées, mais dit bien la volonté concertée de « secondariser » les premières années d’université, quitte à y affecter plus encore qu’aujourd’hui des professeurs détachés du secondaire (sans obligation de recherche, avec un statut de 384 heures d’enseignement annuel), voire des docteurs sous contrat précaires : ou comment réduire les coûts.

Mouvements : Quelle ouverture de la recherche et de l’université ? Un des paramètres essentiels de la crise est le fait que depuis 10-15 ans le système de recherche a évolué dans le sens d’une priorité a l’innovation technologique et d’un resserrement des liens avec l’entreprise et la création de marches visible dans la nature des projets soutenus, l’explosion du crédit impôt-recherche, la multiplication des contrats privés-publics, la politique des brevets et de l’appropriation des connaissances), là aussi la réponse est-elle en termes d’autonomie, de défense de la recherche fondamentale et de mise à distance des « intérêts » ou bien faut-il imaginer une autre ouverture : vers les besoins de savoirs et de techniques négligés par le système actuel, vers des partenariats impliquant d’autres acteurs que les grandes firmes (associations, ONG…) ?

SNTRS : La défense de la recherche fondamentale ne s’oppose pas à l’ouverture vers d’autres types de partenariat. Les recherches à l’initiative des chercheurs peuvent être soutenues tout en resserrant les liens entre différentes catégories d’acteurs sociaux et la recherche. Cette tension traverse les réflexions sur la recherche depuis des décennies. Les associations, les syndicats, les responsables politiques au niveau national ou régional, sont tous autant habilités à émettre des questions en direction des chercheurs que les entreprises. Toutefois, il faut éviter une conception utilitariste de la recherche. Les citoyens attendent souvent des retombées immédiates, alors qu’elles sont le plus souvent de moyen voire de long terme. Le risque de soumission à des groupes de pression est grand : recherches sur l’embryon, sur les OGM, enquêtes sur les origines … La distanciation est donc une absolue nécessité. En revanche, des lieux permettant aux organisations des citoyens d’être représentées, d’exprimer des demandes de recherche seraient nécessaire, à l’exemple de ce qui existe dans la statistique publique : le Conseil National de l’Information Statistique, comprend des formations spécialisées par thématiques, composées de chercheurs et de représentants d’associations ou de syndicats. Cette instance pourrait émettre des avis et des recommandations sur de grandes thématiques de recherche à développer.

SLU : En réalité, le constat par lequel débute la question ne va pas de soi, loin de là ! Les liens entre entreprise et université ne se sont en fait guère resserrés et le partage demeure clair : la recherche fondamentale, qui rapporte peu, va au public, et le reste au privé. Ce qui est extrêmement grave, c’est le recul de la recherche en entreprises (malgré l’augmentation massive des diverses formes de subventions pour le privé), dont un des effets les plus regrettable est le très faible taux de recrutement des docteurs par le privé, effet rarement évoqué dans le discours dominant. Les ONG et associations jouent déjà un rôle écrasant dans certaines disciplines (sciences de la vie entre autres, où les financements publics sont de plus en plus réduits), posant la question de leur autonomie scientifique.

La distinction recherche appliquée/recherche fondamentale est souvent vague, de même que les concepts connexes (« l’innovation »), mais ce que l’expérience, en France et ailleurs, nous a appris grâce aux sciences humaines dont certaines branches (peu « commercialisables » d’ailleurs…) s’intéressent depuis longtemps à la question, c’est qu’il faut envisager la recherche pour elle-même et non seulement pour ses applications – et cela même en terme d’efficacité technologique et de renouvellement de la recherche.

Mouvements : Les mobilisations contre les différentes réformes ou les anticipant ont été parfois efficaces, mais se sont souvent montrées limitées par une difficulté à tenir une position offensive appuyée sur des projets de transformation. Le découpage disciplinaire et statutaire tend à compliquer la définition de plate-formes communes, sans parler des différences d’approche entre organisations syndicales et les mouvements SLR et SLU. Quelle analyse faites-vous des formes prises par les luttes actuelles et quelles alliances passer pour pouvoir peser sur les réformes décidées sans concertation ?

SNTRS : La lutte contre la LRU a souffert de la faiblesse de la mobilisation des enseignants-chercheurs et de la défection rapide de l’Unef. Les mobilisations dans la recherche ont fonctionné différemment. D’une part les organisations syndicales se sont dotées d’un lieu de concertation, l’intersyndicale de la recherche et de l’enseignement supérieur, qui permet d’organiser des luttes unitaires et de produire des expressions communes tout en garantissant à chaque organisation une autonomie d’expression et d’action. Ce lieu est régulièrement ouvert à SLR et SLU. Ceci a permis de mener avec succès l’action de blocage du CNRS le 19 juin dernier et d’imposer un recul au gouvernement. Elle est capable, même si cela est difficile de discuter de ce qui les unit. En 2005 elle avait su produire des fiches alternatives à celles du gouvernement (dites « fiches « Monteil » à la base du Pacte de la Recherche). De l’autre, les syndicats ont montré leur capacité à débattre et à organiser des actions avec d’autres formes d’organisation telles que les associations et les collectifs, sans que soient remises en cause la spécificité de l’organisation syndicale.
L’unité syndicale est un processus de construction, non linéaire. Elle ne peut se gagner sans les personnels. La restructuration de la recherche a des effets encore mal analysés sur les comportements des personnels. Ainsi l’ANR crée une explosion du nombre de personnes sous contrat précaire ; les primes importantes liées aux contrats d’interface à l’Inserm et l’instauration de la concurrence entre les personnels ne facilite pas les réponses collectives. Le contexte d’offensives tous azimut et très agressives du pouvoir contraint à la défensive (retraites, salaires, droit du travail, statut, organisation de la recherche, des universités, démocratie, etc.) ; la faiblesse des organisation politiques rend difficile de situer la riposte dans le cadre d’une alternative politique ; la captation de la parole et de la pensée des salariés par les medias et le recul de la démocratie obligent à trouver de nouvelles formes d’expression et de réflexion collectives (forums, etc.) auxquelles les syndicats sont peu habitués, qui ne substituent cependant pas aux AG traditionnelles. On observe toutefois la naissance de nouvelles radicalités dans les mouvements (dont témoigne par exemple le blocage du CNRS le 19 juin, ou les grèves avec occupation des sans papiers), en réponse à l’agressivité du gouvernement à l’encontre des salariés. Ceci est un enjeu pour les syndicats : ils devront être en capacité de trouver de nouvelles formes de luttes, plus dures, mais aussi laissant une large place aux initiatives collectives des personnels, d’élaborer des propositions alternatives, clairement anticapitalistes et de surmonter leurs divisions pour construire des actions unitaires. Là encore, rien ne peut se faire sans les personnels. Aucune proposition alternative ne peut s’élaborer et prendre corps dans une perspective offensive sans eux. Pour nous, seule l’action fera reculer le pouvoir en place.

SLU : L’image d’Epinal d’organisations et d’associations stériles, sans aucune proposition ou projet est régulièrement et consciencieusement colportée, alors que ni les unes ni les autres n’ont jamais été sollicitées, ni entendues dans leurs objections (ce qui n’a pas empêché la commission Schwartz de reprendre à son compte certaines idées syndicales anciennes…). De plus, le gouvernement joue, à tous les niveaux, sur la division.
Il faut cependant distinguer deux niveaux d’action :

au sein de chaque université et/ou EPST la promotion de projets collectifs, dans le cadre d’une collégialité renouvelée, ainsi que l’opposition à des mesures concrètes, pour laquelle l’étiquette syndicale n’a rien d’essentiel. Cette dynamique est en marche dans un certain nombre d’universités qui ne sont pas nécessairement les plus syndiquées.

dans les entités (surtout universitaires) plus isolées, plus petites, où ce processus est plus difficile, ce qui rend nécessaire un mouvement national. De ce point de vue, le rôle de SLU et de SLR est fondamental : il permet de dépasser la logique syndicale qui est par définition catégorielle (ce qui est normal par ailleurs).

Autre distinction essentielle : entre une lutte contre la volonté de destruction qui se manifeste aujourd’hui avec une force sans précédent et des propositions d’amélioration. Il faut accélérer la prise de conscience des collègues et les convaincre qu’il ne peut y avoir de résistance molle. La méthode du ministère est retorse. Une lecture superficielle du rapport Schwartz par exemple, suscite peu d’inquiétudes : des propositions consensuelles (allègement de service pour les nouvelles recrues) ou inapplicables (habilitation à diriger les enseignements). En réalité, l’essentiel du rapport réside dans quelques points qui reprennent les éléments de la loi LRU sur le sujet : modulation des services, revalorisation des traitements par le biais des primes et autres indemnités, individualisation des carrières, contractualisation des statuts.
Plus largement, il faut prendre conscience de l’intérêt que certains trouvent à la réforme et aux processus de légitimation qui l’imposent à tous : une des forces de l’AERES est ainsi d’utiliser nombre d’« experts » déjà présents dans les structures de gestion précédentes. Faut-il vraiment tout démolir pour que rien ne change ?

Propos recueillis par Jean-Paul Gaudilliére et Patrick Simon