L’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe est un acquis historique. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, ni ne se résume aux revendications sur la PMA ou la GPA. Les transformations en cours peuvent être vues tantôt comme subversives, puisque privant l’ordre hétéronormatif de l’un de ses piliers les plus stratégiques, tantôt comme conservatrices, car perpétuant l’institution familiale, les hiérarchies qu’elle installe et les exclusions qu’elle engendre. Ce numéro entend montrer le poids que cette institution exerce sur nos vies, sa centralité dans la production des rapports de domination fondés sur la classe, le genre, la sexualité, l’âge, la nationalité… mais aussi combien elle est de toutes parts débordée par des pratiques et des expérimentations porteuses d’arrangements plus égalitaires et plus divers.

Quelles sont les formes de résistances et/ou de reconfiguration des normes familiales ? Malgré toutes les critiques et les mises en cause de la famille, comment expliquer qu’elle continue d’être revendiquée, que le « désir » de famille semble être resté intact ?

Intervenant.e.s:

Coline Cardi, sociologue, membre du comité de rédaction de Mouvements. Auteure dans le numéro de Les habits neufs du familialisme.
Mike Marchal, formateur en école de travail social. Auteur dans le numéro de Les institutions d’accueil de la petite enfance en France: un espace social peu ouvert aux hommes et à l’égalité des sexes.
Martine Gross, sociologue et militante, Interrogée pour la rubrique Itinéraire du numéro sous le titre Naissance de l’homoparentalité.
Charlotte Debest, sociologue, auteure dans le numéro de Carrières déviantes. Stratégies et conséquences d’un choix d’une vie sans enfants.
La discussion sera modérée par Juliette Rennes et Olivier Roueff, membres du comité de rédaction de Mouvements.